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Strategie

European Capital, le financement en souplesse 26.02.14

European Capital, le financement en souplesse
© D.R.
European Capital finance sur fonds propres les LBO européens en dette privée, mezzanine ou equity. Filiale du groupe coté American Capital, il dispose d’atouts dans l’accompagnement à l’international de son portefeuille.
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Année record en 2013 pour European Capital : le fonds a réalisé 600 millions d’euros de produits de cession et a investi 112 millions dans cinq deals. C’est donc l’occasion de se pencher sur les particularités de cet acteur. L’histoire commence en 1986 de l’autre côté de l’Atlantique, avec American Capital. Leader sur le financement de LBO mid market dans les années 2000, le fonds coté sur le Nasdaq a voulu répliquer son succès en Europe. Les bureaux anglais et français ouvrent ainsi en 2005, avec Jean Eichenlaub à la tête de la filiale parisienne. La stratégie du groupe consiste à se placer selon les cas à différents endroits du bilan d’une cible, avec diverses formes de dette ainsi que de l’equity. European Capital investit sur fonds propres des tickets entre 10 et 50 millions d’euros, voire jusqu’à 100 millions en underwritting pour l’unitranche. Tristan Parisot, actuel directeur général de la filiale française, a été convaincu par l’originalité de ce positionnement : « J’ai rejoint European Capital début 2007 après dix ans passés chez 3i, séduit par le business model permettant d’investir à plusieurs étages du bilan, en dette privée et/ou en equity majoritaire ou minoritaire. Cette approche multi-produit et multi-géographie, avec une très forte présence aux États-Unis, était et est toujours une stratégie très différenciante dans un univers mid cap de plus en plus concurrentiel. » Après le départ de Jean Eichenlaub en 2009, Tristan Parisot prend la tête du fonds. 

Sortir de la crise par le haut.
Quand la crise financière a éclaté en 2007, American Capital, qui avait mis en place des lignes de crédit court terme, s’est retrouvé en bris de covenants sans pour autant avoir des soucis de cash. Après de longs mois de négociation, American Capital a finalement trouvé un accord avec l’ensemble de ses prêteurs senior. Entre 2008 et 2010, le groupe s’est alors concentré sur la gestion de ses lignes : « En 2009, comme beaucoup de nos confrères, nous avons géré plusieurs restructurations au sein de notre portefeuille, retrace Tristan Parisot. Dans quelques cas, quand l’actionnaire majoritaire n’a pas souhaité remettre de la new money, nous avons assumé notre rôle de prêteurs impliqués et pris le contrôle. Le deal Batisanté est un bon exemple qui s’est d’ailleurs réalisé en bonne intelligence avec le sponsor de l’époque. » En effet, en 2011, European Capital a réinjecté 6 millions d’euros dans une opération qui lui a donné le contrôle de Batisanté (services pour les syndics), initialement détenu par 21 Centrale. European Capital a ainsi démontré que sa culture « hands-on » lui permet de jouer le rôle de l’actionnaire quand cela devient nécessaire.

En ordre de bataille.
« Entre 2010 et 2013, American Capital a généré chaque année plus de 1 milliard de dollars de rentrées de cash, souligne Tristan Parisot. Ses dettes remboursées, le fonds fait face, depuis 2011, à un nouveau challenge qui consiste à identifier suffisamment d’opportunités pour redéployer les disponibilités qui s’accumulent à son actif. En Europe, à plus petite échelle, la situation est similaire. Les équipes de Londres et Paris ont reçu plus de 600 millions d’euros de rentrées de cash, dont 313 millions à Paris (avec un money multiple global de 1,4). Ce n’est pas de trop pour adresser un deal flow assez soutenu, mais aussi de nombreuses opportunités de refinancement. » Et pour investir ces liquidités, European Capital dispose d’une équipe de 17 personnes en France (dont 10 investisseurs), soutenue par un back office de 33 personnes à Londres. En outre, trois équipes support complètent le dispositif : d’abord, les operating partners, 20 ex-dirigeants employés à temps complet par le groupe dont trois en Europe ; ensuite, le groupe « Fact », composé de 30 personnes dont trois à Paris, réalise les valorisations, contrôle les due diligences et peut être détaché dans les participations. Enfin, vient le groupe « Tax & Legal », avec une avocate qui pilote et challenge les conseils externes et une fiscaliste basée à Londres. 

Une équipe bien armée.
Aujourd’hui, le groupe de 385 employés répartis dans huit bureaux gère sur son bilan 6 milliards de dollars d’actifs en private equity. De fait, les interactions entre les différents pays représentent un avantage. « Grâce à notre forte présence à l’international, nous avons une valeur ajoutée reconnue par les sponsors avec lesquels nous travaillons, se réjouit Tristant Parisot. Sur le deal Asmodée, notre équipe d’investissement comprenait un operating partner américain qui nous a aidé à appréhender les problématiques online et de développement aux États-Unis. Pour Flexitallic, nous avons présenté au dirigeant notre expert « oil & gas » basé à Dallas, ainsi que quelques boutiques M&A américaines spécialisées. » Cela dit, American Capital ne peut statutairement investir plus de 30 % de ses actifs hors des États-Unis. Si l’équipe européenne souhaite investir davantage, elle devra envisager l’option de lever des fonds supplémentaires de son côté.  

Laurence Pochard

Identité Afficher tout

PORTEFEUILLE
Le bureau parisien d’European Capital a été fondé en 2005, en même temps que celui de Londres. Il compte 17 personnes. European Capital est une filiale à 100 % d’American Capital, société cotée au Nasdaq. L’équipe investit sur fonds propres en equity, mezzanine et private debt dans des entreprises mid market européennes. Ses tickets d’investissement sont compris entre 10 et 50 M€, avec une capacité d’underwritting jusqu’à 100 M€ en unirate, en euros ou multidevises. European Capital a arrangé pour 1,3 Md€ de dette privée en Europe depuis 2005. 


ADRESSE

European Capital
7 av. Pierre 1er de Serbie
75008 Paris

+33 (0)1 40 68 06 66
+33 (0)1 40 68 06 88 fax

 Info@EuropeanCapital.com


MOTS CLES

  • private debt
  • fonds propres
  • mid market
  • hands-on

Responsables Afficher tout

Tristan Parisot, directeur général France
Tristan Parisot a rejoint European Capital en mars 2007 en qualité de directeur associé, et a été nommé directeur général en octobre 2009. Auparavant, Tristan a passé dix ans chez 3i, d’abord en tant que chargé d’affaires à Paris, puis directeur de participations à Nantes, et enfin directeur à Paris. Il a réalisé de nombreux LBO mid cap minoritaires et majoritaires avec un focus particulier sur le secteur des services aux entreprises. Tristan a débuté sa carrière en 1992 à Kuala Lumpur, en Malaisie, comme responsable commercial Asie d’Agencinox, une PME française spécialisée dans la fabrication de matériel médical, avant d’être auditeur pendant trois ans au sein de KPMG Audit au bureau de Paris. Il est diplômé de l’école de commerce EM Lyon.

De gauche à droite et de haut en bas : Kevin Abrial, Julien Darsy, Alexandre Millarini, Etienne Haubold, Tristan Parisot, Gwenaël Le Mouël, Didier Lefèvre, Xavier Gastaud, Guillaume Claire, Gaëlle Brunon, Stéphane Legrand, Samantha Schwartz, Deepah Patny, Raoul Mahler, Sandra Allou, Thomas Hervé, Olivier Méline.

 

Entrées Afficher tout

Flexitallic
European Capital a participé à trois deals avec Flexitallic, fournisseur de solutions d’étanchéité pour les industries de l’énergie – dont les secteurs pétrolier et gazier, le raffinage, la chimie, la pétrochimie et le nucléaire. En 2012, sous l’actionnariat d’Eurazeo PME, il a misé 26 M€ dans le refinancement d’une unitranche multidevises montée par Ardian pour un build-up sur AGS en 2011. Début 2013, le fonds a investi 7 M$ dans l’unitranche dédiée au rachat de Custom Rubber. Enfin, mi-2013, European Capital a participé au LBO qui a vu l’entrée de Bridgepoint au capital en finançant 27,5 M€ en unitranche, toujours avec Ardian. 


Asmodée
En 2013, European Capital a arrangé l’unitranche de 65 M€ mise en place pour le rachat de l’éditeur de jeux de société Asmodée par Eurazeo, avec Tikehau comme cofinanceur. European Capital a investi 42,5 M€ en unitranche et en equity. Asmodée, valorisé 143 M€, est connu pour ses jeux à succès, comme le Jungle Speed, Dobble ou Time’s Up, et est le distributeur des cartes Pokémon en France, au Royaume-Uni, en Belgique et en Espagne. Le groupe est passé de 28 M€ de CA en 2007 à 110 M€ en 2012, dont près de la moitié à l’étranger. European Capital a fait intervenir un de ses operating partners sur le deal, qui siège désormais au conseil. 


Inseec
Lors de la reprise par Apax du groupe d’enseignement supérieur Inseec fin 2013, European Capital a arrangé une dette privée unitranche de 75 M€. Tikehau partage le financement. L’Inseec était jusque-là une filiale du groupe coté américain Career Education Corporation, qui se recentre sur les États-Unis. Le réseau Inseec compte 15 000 étudiants répartis sur 11 écoles en France (Paris, Bordeaux, Lyon et Chambéry) et à l’étranger (Monaco, Londres, Chicago). Les étudiants suivent des filières en management, luxe, oenologie, communication, santé, tourisme et sport. L’Inseec, dirigé par Catherine Lespine, a réalisé un CA 2012 de 128,6 M$ (93 M€).

Sorties Afficher tout

Qioptic
European Capital et American Capital avaient participé en 2008 au refinancement de la dette d’acquisition mise en place par Candover pour le spin-off de Qioptic d’avec Thales en 2005. Ils ont conjointement apporté 84 M$ de mezzanine, couvrant la dette initiale et le coût d’un build-up. Qioptic est un spécialiste de l’optique industrielle, la photonique, utilisée dans les domaines de la santé, de l’industrie, de la défense et du spatial. Lors de la cession de l’entreprise par Arle (nouveau nom de Candover) à Excelitas Technologies en 2013, les deux financeurs ont reçu 118,5 M$ et ont réalisé un multiple de 1,7 soit un TRI de 11,7 %.


Poult
European Capital avait investi 12,5 M$ dans la mezzanine et second lien montés par la BNP lors du rachat du fabricant de biscuits MDD Poult par LBO France. La dette initiale de la BNP était de 130 M€, composée de 112,5 M€ de dette senior et de 17,5 M€ de mezzanine. En 2012, le fonds a également acheté pour 7,5 M€ de dette senior et second lien sur le marché secondaire. Quand LBO France a cédé sa filiale polonaise Dr Gerard en 2013 à Bridgepoint, les prêteurs du LBO de 2006 ont été remboursés. Ce remboursement a permis à European Capital de réaliser un multiple de 1,8 et un TRI de 13,9 % sur toute la durée de l’investissement.

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