D.R.

Son léger accent lui donne un charme exotique et l’expression chaleureuse des gens venus du grand froid. Son Nord à lui, c’est son Québec natal. L’exotisme s’arrête là, car pour le reste, Patrice Verrier a suivi un parcours classique, à l’instar de ses petits camarades du private equity : études élitistes dans une famille d’entrepreneurs de la finance, avec un grand-père assureur et un oncle expert-comptable dont il était destiné à prendre la relève. Mais après avoir fait ses premières armes dans le cabinet de son oncle René Verrier, qui intégrera par la suite le réseau Deloitte, le jeune expert-comptable réalise que c’est moins l’audit des comptes que l’accompagnement des PME qui lui plaît.

L’aventure ABN Amro

À 25 ans, il décide alors de reprendre le chemin des études pour donner une nouvelle tournure à sa carrière. Direction Rotterdam pour un MBA. Pourquoi les Pays-Bas ? Parmi la dizaine de MBA prestigieux qui le tentaient, Patrice Verrier en voulait un à la fois anglophone et sur le continent européen pour combler son envie d’ailleurs avant de retourner sagement dans son Amérique natale. La suite de son parcours en décidera autrement, presque par inadvertance, se laissant tenter par des rencontres professionnelles et humaines qui l’ancreront en Europe, puis à Paris. C’est ainsi qu’il embarque dans l’aventure ABN Amro venu recruter les étudiants prometteurs des meilleurs MBA européens pour des programmes courts d’immersion dans les hautes sphères de la banque avec des missions de deux ans par pays et par métier. À Amsterdam, Patrice Verrier a eu le choix entre la finance structurée, la salle de marché et le private equity, activité encore peu connue au milieu des années 1990, dont il avait eu un bref aperçu pendant ses études. « Je me suis retrouvé dans une division à part de la banque appelée International Venture Capital, où je couvrais à la fois les pays où il n’y avait pas d’équipe locale et supervisais les autres bureaux affiliés », retrace Patrice Verrier. C’est à cette époque qu’il fera la connaissance d’Hervé Claquin, à la tête de l’équipe française, filiale de Neuflize et déjà en mode semi-autonome, puisqu’elle préparait son premier fonds ouvert pour compte de tiers. Il sera l’envoyé spécial du siège à l’occasion d’opérations de grande ampleur, excédant les tickets moyens de l’équipe tricolore plafonnant à l’époque à quelques dizaines de millions de francs… Ce fut notamment le cas lors de l’investissement minoritaire d’ABN Amro Capital France dans Générale de Santé, aux cotés de Cinven lors de son spin-off de la Générale des Eaux en 1997 pour l’équivalent à l’époque de 1,7 milliard d’euros. L’occasion de tisser des liens avec l’équipe parisienne pour ce francophone à l’adaptabilité tous terrains. Donc, quand, en 1998, Hervé Claquin lui propose de rejoindre l’équipe, il n’hésite pas trop longtemps avant de poser ses valises à Paris. Dans le cursus international proposé par la banque, il avait le choix entre Chicago, Hong Kong et Buenos Aires pour y expérimenter d’autres métiers comme le financement de projets ou le financement structuré. Mais Patrice Verrier avait trouvé sa voie dans le private equity et, à l’aube de la trentaine, commençait à se lasser du joyeux nomadisme de ses 25 ans.

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