Le 22 octobre dernier, Ipsen annonce son intention d’acquérir ImCheck Therapeutics pour un prix initial de 350 millions d’euros, pouvant être porté à 1 milliard d’euros en fonction de différentes étapes réglementaires et commerciales. Ce deal d’envergure, mené par un géant de la pharmacie tricolore, place alors sur le devant de la scène cette biotech marseillaise à l’origine d’une thérapie innovante pour traiter certains cancers.

Tout commence en 2015, lorsque plusieurs scientifiques, conduits par le professeur Daniel Olive, un spécialiste de l’oncologie, s’associent à Kurma Partners pour plancher sur une nouvelle approche d’immunothérapie. Celle-ci stimule le système immunitaire du patient afin d’améliorer la reconnaissance puis l’élimination des cellules tumorales. « Nos produits reposent sur un anticorps qui cible certains des récepteurs des cellules cancéreuses et active les cellules immunitaires, dites cellules T gamma-delta », explique l’ex-CEO Pierre d’Epenoux. Cet ancien cadre dirigeant de Merck, Baxter et Sanofi rejoint l’aventure dès 2016, lors de la phase d’amorçage soutenue par Kurma et Boehringer Ingelheim Venture. La jeune pousse commence alors différentes études portant sur plusieurs typologies de cancers à tumeurs solides et liquides. « Nous avons d’abord ciblé les cancers du mélanome, de la vessie et des ovaires, ainsi que certaines leucémies avant de nous centrer sur le mélanome et la leucémie myéloïde aiguë », précise le dirigeant.

Un projet d’IPO annulé

Dès 2017, l’entreprise collecte dans ce cadre près de 20 millions d’euros auprès d’un consortium composé de Life Sciences Partners, Gimv, Eurazeo (ex-Idinvest), Kurma Partners et Boehringer Ingelheim Venture Fund. Cette première levée est suivie deux ans plus tard par une série B de 48 millions d’euros menée par Bpifrance et Pfizer Ventures. La biotech se met alors en marche pour lancer ses premiers essais cliniques de phases 1 et 2. Mais l’irruption du Covid, quelques mois plus tard, perturbe les plans. Le 17 mars 2020, la France entame son premier confinement entraînant la fermeture des établissements hospitaliers accueillant du public. « Ce fût le moment le plus difficile, se souvient Pierre d’Epenoux. J’avais réuni les 50 salariés pour leur demander de rentrer chez eux, alors même que, ce jour-là, le premier patient de l’essai clinique recevait sa première dose. L’arrivée de la pandémie et l’instauration du confinement ont jeté un froid sur le lancement de cette étape cruciale, tant au sein de nos équipes qu’auprès de nos actionnaires. » Les essais sont néanmoins lancés tels que prévus et sans accumuler de retard.

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