
Alors que l’année 2026 commence sous de bien mauvais auspices au vu du regain de tensions géopolitiques, qui devrait fournir de nouvelles raisons aux opérateurs de marché pour continuer à prendre leur temps dans la sélection de leurs cibles d’investissement et dans l’exécution de leurs transactions, l’heure a sonné de tirer le bilan de l’exercice 2025. Force est de constater que celui-ci s’est placé dans le droit fil de l’année précédente, marqué par quelques mots d’ordre récurrents comme « atonie », « attentisme », « ventre mou »… Là où la dynamique avait été fracassée en 2024 par la décision présidentielle de dissoudre l’Assemblée en France, la tentation du rebond en 2025 s’est rapidement heurtée aux oukases venus d’outre-Atlantique dans les domaines des droits de douane et de la politique internationale. Dans l’Hexagone, les choses ne se sont pas arrangées avec les débats budgétaires interminables de la fin de l’année et leur cortège d’incertitudes, principalement fiscales.
Ce contexte général s’est ressenti notamment dans l’évolution des valorisations sur les marchés privés. Telles que capturées par l’indice Argos, celles-ci ont poursuivi leur décrue en 2025 : le multiple médian en vigueur sur le midmarket de la zone euro est ressorti à 8,3 fois l’Ebitda en fin d’année alors qu’il frôlait encore les 10 fois un an plus tôt. « La hausse des taux d’intérêt à long terme a contrebalancé l’impact des baisses des taux directeurs par la BCE, le niveau élevé des primes de terme traduisant la montée des inquiétudes sur la stabilité du système financier. Le niveau record des dettes souveraines, la montée des tensions géopolitiques et l’incertitude résultant des politiques imprévisibles de Donald Trump — notamment les pressions sur l’indépendance de la Réserve fédérale et leurs implications pour la devise américaine — ont continué de peser sur la confiance des investisseurs et sur les hypothèses de valorisation », ont commenté ses auteurs lors de sa présentation à la mi-février. Les ajustements de prix se sont donc poursuivis en 2025, afin d’accorder les exigences des vendeurs et celles des acheteurs, entraînant également un nombre important d’arrêts de process faute d’offres suffisantes ou aux niveaux de valorisation escomptés. À l’arrivée, l’activité globale d’investissement, telle que reflétée dans nos classements présentés dans les pages suivantes, n’a pas connu de chute drastique, mais n’a pas non plus enregistré de rebond spectaculaire. Prévu pour le 25 mars, le bilan 2025 de France Invest donnera une image encore plus précise et complète du marché tricolore.


