


La société de gestion milanaise Ambienta couvre le thème de l’impact environnemental à travers le financement, en equity et en dette, de PME et ETI européennes matures. Sans chercher d’innovations disruptives, elle mise sur la consolidation continentale et l’accélération commerciale pour faire changer ses participations d’échelle et apporter des réponses consistantes aux problématiques climatiques.
La transition environnementale n’est pas qu’une affaire de développeurs d’infrastructures ENR ou de start-up levant des fonds auprès de capital-risqueurs. De cette conviction, Nino Tronchetti Provera a fait découler la stratégie d’investissement d’Ambienta, la société de gestion qu’il a fondée en 2007 à Milan et qui opère en France depuis septembre 2020. « Lorsque l’on parle des problématiques liées à l’environnement, l’essentiel des solutions permettant d’y répondre ne sont pas digitales, mais ont le plus souvent à voir avec du hardware, de nouveaux matériaux, de nouveaux équipements… Nous parlons généralement d’innovations industrielles dont les cycles de développement sont plus longs et onéreux, et donc peu adaptés à des fonds de capital-risque traditionnels, met en perspective cet ancien consultant de McKinsey et entrepreneur. En revanche, si nous nous focalisons sur des technologies et savoir-faire existants, portés par des entreprises rentables et qui ne demandent qu’un soutien complémentaire pour en accélérer la mise sur le marché et le déploiement commercial, il nous semble que nous pouvons combiner à la fois le rendement financier et l’impact concret. C’est cette voie que nous avons choisi d’emprunter avec Ambienta. »
Couverture de l’Europe achevée
Afin d’aider ces « champions environnementaux » non à émerger, mais bien à grandir, le GP a lancé son premier fonds de buyout small cap en 2009 avec 217,5 millions d’euros. Sur cette base, il a progressivement constitué une plateforme paneuropéenne et multi-stratégies tout en conservant cette expertise thématique dont son fondateur revendique l’approche scientifique. « La première personne que j’ai embauchée chez Ambienta était un ingénieur ; aujourd’hui, nous avons en interne une équipe d’une quinzaine de personnes qui sont des experts des sujets de transition environnementale ou de certains secteurs d’activité. Ils nous aident à identifier et anticiper les tendances et les solutions existantes sur le marché qui méritent d’être passées à l’échelle afin de répondre aux différentes évolutions de l’économie, résume Nino Tronchetti Provera. Ils nous apportent des données scientifiques pour aider les équipes d’investissement à sourcer les bonnes opportunités, arrivent parfois avec une liste de cibles potentielles à approcher… C’est par exemple grâce à ce travail que nous avons identifié le sujet de l’électrification de la production de chaleur industrielle comme étant particulièrement porteur. Or, une entreprise française, Babcock Wanson, est précisément spécialisée dans la fabrication de chaudières électriques qui viennent se substituer aux chaudières industrielles à gaz. Nous y avons investi en 2024. Nous avons procédé de la même manière dans un tout autre domaine, l’agriculture. Nos ingénieurs ont réfléchi aux alternatives qui pourraient exister pour aider les cultures à résister au changement climatique sans avoir recours à des engrais polluants. Ils ont vu dans les biostimulants, alors un marché de niche, une voie intéressante et cela a abouti, l’été dernier, à notre investissement dans la société espagnole Agronova. » Avec cette opération, Ambienta a non seulement pris position sur ce marché des biosolutions agricoles, mais aussi mis un premier pied en terre ibérique.


