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P. Labbé (Courtepaille), D. Le Chevalier (ING Parcom), G. de Blignières (Barclays PE), A. Motte (Courtepaille)
Devenu très concurrentiel, ce marché perd-il de son attrait ? Le contexte actuel fait du mid market un segment un peu fourre-tout, où les deals et les enchères sont de plus en plus rapides, les approches opportunistes et les coups bas de plus en plus courants. Pour autant, il connaît encore de nouveaux arrivants.
Si le deal propriétaire est en passe de devenir un mythe sur le mid market français, quelques espoirs subsistent de pouvoir signer une opération de gré à gré. C’est ce que vient de conclure ING Parcom en reprenant à Barclays Private Equity la chaîne de restaurants Courtepaille.
On y retrouve l’ingrédient indispensable et même le moteur de la grande majorité des Lbo secondaires : la volonté du management de refaire un tour avec des partenaires issus du capital investissement. Cinq ans après l’entrée de Barclays Private Equity au capital du restaurateur, ses dirigeants ont rappelé à leur actionnaire que l’heure était venue de songer sérieusement à la cession.
Barclays a alors raccourci les étapes en évitant le processus d’enchères. Il a choisi comme acheteur un investisseur qui connaissait bien le dossier pour avoir été associé au montage d’origine. «Nous avions pris un ticket de 10 % dans le tour de table précédent», rappelle Denis Le Chevallier, directeur associé d’ING Parcom.
Il était déjà membre du conseil de surveillance de Courtepaille et a donc fait l’économie d’une étude stratégique coûteuse.
Le management, de son côté, a fait une poussée au capital dont il détient désormais 35 %, tout en favorisant l’actionnariat d’un nombre plus important de cadres.
Voilà donc Courtepaille embarqué dans un nouvel Lbo. Cette «belle histoire», comme on les aime dans le private equity, a commencé en 1961 avec l’ouverture des premiers restaurants au toit de chaume en bordure des grands axes routiers de l’époque. Repris par Accor en 1974, la chaîne peine à trouver une nouvelle dynamique au sein du géant du tourisme. Les moyens font défaut, les ouvertures de nouveaux sites patinent. Fin décembre 2000, Accor finit par sortir de l’activité. Barclays s’attache alors, en pleine crise de la vache folle, a redonné une seconde jeunesse à Courtepaille. Le concept est rénové. Le nombre de restaurants passe de 60 à 160 pour une croissance du chiffre d’affaires proche de 12 % par an. Il a atteint l’an dernier 180 millions d’euros.
ING Parcom s’est aujourd’hui engagé à poursuivre ce développement. «L’équipe de Courtepaille a déjà recensé plus de 100 sites et nous sommes partis sur le rythme d’une douzaine d’ouvertures par an, promet Denis Le Chevallier. Il faut aller chercher du passage sur les nouvelles zones d’activités, les centres commerciaux et les complexes de loisirs, mais aussi améliorer les facteurs de remplissage.» Fidèle à sa philosophie, le fonds a également ouvert le deal à un confrère : CIC Banque de Vizille. Il a aussi maintenu la charge annuelle de remboursement de la dette d’acquisition à son niveau du premier Lbo. Courtepaille porte à 5 les investissements réalisés par ING Parcom, parmi lesquels FDI, société de services financiers acquise en juillet 2003, et groupe Doucet, fabricant et distributeur de produits d’entretien repris un an plus tard.
Cobalt, TDR, Platinium, One Equity Partners, LDC et tout récemment American Capital… Nombreux sont les nouveaux venus sur ce marché. Incursions furtives et opportunistes, débarquement depuis la capitale anglaise, renaissance d’équipes moribondes, ouverture en grandes pompes de bureaux à Paris. La stratégie des nouveaux entrants sur le mid market français a beau varier, le résultat pour les fonds implantés de longue date reste la même : la compétition s’intensifie. Ces derniers mois ou dans les semaines à venir, ils devront compter avec l’ouverture d’un nouveau fonds paneuropéen mid market de Lazard qui a choisi Londres comme base stratégique. Cobalt, piloté par l’ancienne équipe de L&G vient de se distinguer aux côtés de Barclays PE sur Médi-Partenaires. TDR, Platinium, One Equity Partners, LDC, sont venus grossir la liste des acteurs à un deal.
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Parmi ces nouveaux acteurs, une entrée est particulièrement remarquée : celle d’American Capital. Si l’attractivité du mid market était encore à démontrer, l’ouverture à Paris du premier bureau hors des Etats-Unis d’American Capital devrait achever de convaincre les plus dubitatifs. Le géant américain débarque outre-Atlantique avec
le concept qui a fait son succès : le one-stop buy-out. Jean Eichenlaub, directeur général de la nouvelle entité European Capital, n’a pas trouvé de traduction mieux appropriée à cette offre «ferme et globale en fonds propres et en dette». Le spécialiste du Lbo et de la mezzanine estime être en position de prendre ses concurrents de vitesse. «Nous n’avons pas à faire le tour des acteurs pour boucler le financement», commente Ira Wagner, président d’European Capital. «Nous ne dépendons pas de financements bancaires, ce qui nous donne plus de facilités pour faire du business», ajoute Jean Eichenlaub. European Capital ne compte pas pour autant fermer sa porte aux banquiers arrangeurs de la place. C’est auprès d’eux que la structure compte se refinancer une fois le deal bouclé.
Pour investir, European Capital pourra piocher dans le milliard de dollars qu’American Capital destine à cet effet, pour 5,2 milliards de dollars sous gestion. A la tournée des fonds de pension, l’équipe d’Ira Wagner a préféré l’introduction en Bourse, les augmentations de capital et les émissions d’emprunt. Coté au Nasdaq depuis 1997, la BDC (Business Development Company) assure pouvoir lever 300 à 400 millions de dollars sous quinze jours, et revendique 100 000 actionnaires, auxquels il offre depuis son introduction un TRI annuel de 20,5 %. «En faisant de la mezzanine, nous pouvons retourner régulièrement à nos actionnaires sans être obligés de réaliser des sorties. Le rendement offert par le titre sera de 10 % cette année, et devrait continuer à progresser», prévoit Ira Wagner.
Depuis sept ans, American Capital a réalisé 160 transactions, dont plus de 50 Lbo majoritaires. Un deal français figure à ce palmarès, Synodys, leader mondial des capteurs de radiation, basé dans les Bouches du Rhône, repris pour 55 millions de dollars. «Depuis que Synodis est dans notre portefeuille, nous avons réalisé 2 opérations de build-up aux Etats-Unis et son Pdg a pris la tête du nouveau groupe», rapporte Jean Eichenlaub.
Le deal Synodis n’est pourtant pas à l’origine de la volonté d’American Capital de faire ses premiers pas en France, ou même en Europe. Traverser l’Atlantique était depuis plusieurs mois à l’étude pour cette société couvrant déjà l’ensemble du territoire américain et décidée à se tailler une part d’un gâteau européen à la performance avérée. Ouvert à toutes les opportunités au Royaume-Uni ou en Europe continentale, American Capital a enfin déniché voici neuf mois une équipe à qui confier le projet. Elle est française, et c’est donc à Paris que l’aventure European Capital commence.
Jean Eichenlaub et Patrick Pancrazi, auparavant chez Fonds Partenaires, quittent donc le giron de Lazard mais restent sur le créneau des opérations de 25 à 150 millions de valorisation. La société opérera au travers d’une Sicar de droit luxembourgeois. «L’ouverture d’un bureau à Londres est déjà prévue», précise cependant Mark Opel, en charge du développement.
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