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Le fonds européen s’est appuyé sur l’ancien dirigeant pour reprendre le plus grand distributeur français de chaussures et vêtements.
Pour PAI Partners, le deal Vivarte, bouclé il y a tout juste un an, commence avec Georges Plassat. Rares sont les mégadeals comme la reprise du distributeur, spécialiste de l’équipement de la personne, 1,5 milliard d’euros de valeur d’entreprise, pour lesquels le profil du manager semble revêtir une telle importance. Mais dans ce cas, reprendre Vivarte, sa douzaine d’enseignes (La Halle, Kookaï, André, Orcade, Parti Prix…), ses 2 500 points de vente, ses 14 000 salariés, sans Georges Plassat, présentait un intérêt limité pour le fonds pan-européen, accompagné sur ce deal par Sagard. Son profil presque parfait correspond trait pour trait à celui du manager surqualifié – «capable d’apporter tranquillité au fonds tout en accélérant le process de Lbo» – que chasse le private equity. Georges Plassart a fait ses armes chez Casino, où il noue d’ailleurs un premier contact avec PAI, alors propriétaire d’un groupe de restauration collective. «On avait imaginé une centrale d’achat commune pour les cafétérias Casino…», évoque Michel Paris, partner du fonds. Il quitte ensuite Casino pour Carrefour. Direction l’Espagne, où une restructuration s’impose.
En 2000, Georges Plassat débarque chez Vivarte dont PAI a justement failli racheter l’une des enseignes : Caroll. Lors de l’exercice 1999, André affiche une perte annuelle de 100 millions de francs, les enseignes de chaussures de centre-ville Orcade et Minelli, de 25 millions chacune. Il faut donc redresser l’édifice. Redéfinition des modèles marchands, fermetures de magasins, réorganisation des équipes, de la logistique… «Pendant trois ans, j’ai fait du retournement», confie le dirigeant.
Aller-retour du Pdg
Finalement, en 2003, le groupe se retrouve sur le marché, sous la houlette de Goldman Sachs. Il pèse alors 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires et doit dénouer un actionnariat qui regroupe notamment Nathaniel Rothschild et Guy Wyser-Pratte. «On avait compris depuis longtemps que cette assemblage d’actionnaires ne pourrait pas durer très longtemps», analyse Dominique Mégret, directeur général de PAI. Mais la vente se fera sans Georges Plassat. En décembre 2002, il a quitté le groupe. Limogé. «Je ne me suis pas senti en position confortable quand il a été question de céder la société. J’ai considéré que si les actionnaires voulaient vendre, je n’étais pas le mieux placé pour les aider compte tenu des désaccords persistants qui existaient entre eux», explique-t-il.
L’ancien Pdg ne va pas perdre son temps durant ces quelques mois qui le séparent de son retour au premier plan chez Vivarte. Courtisé par plusieurs fonds, il rejoint l’équipe de Sagard, découvre le private equity, ce métier surprenant où l’on passe du temps à faire tourner des modèles et à analyser le risque. De son côté, PAI se penche sur le modèle économique complexe de Vivarte, qui combine textile et chaussures, périphérie (discount) et centre-ville, dont le chiffre d’affaires est retombé à 1,48 milliard d’euros. Il faut aussi organiser la sortie de la cote. Après une expérience qui s’est soldée par un échec, quelques mois plus tôt : GrandVision.
Georges Plassat retrouve alors PAI qui, comme tous les fonds en lice, lui fait des avances appuyées. Pour l’ancien dirigeant, qui vise à reconquérir son fauteuil, il s’agit de parier sur le bon cheval. Le ticket PAI-Sagard, invité au tour de table, s’avère gagnant. Il rafle la mise devant les Galeries Lafayette, pourtant favori logique. L’affaire est remportée en février 2004, l’offre publique lancée deux mois plus tard. Vivarte est finalement «délisté» en juillet. Le fonds signe là sa plus grosse opération d’une année qui l’a aussi vu boucler le rachat de l’italien Saeco, fabricant de machines à café.
Georges Plassat, Pdg de Vivarte, et Michel Paris, partner de PAI, reviennent sur les clés de leur partenariat.
Private Equity : Comment vivez-vous la relation entre vous ?
Georges Plassat : Je reste juste et discret, car si vous en dites trop, ou si vous survendez, vous ne pouvez attendre que des ennuis. J’évite les superlatifs ou les commentaires alarmistes. Je sollicite un minimum de rendez-vous. Notre relation ne change en rien le pilotage professionnel du groupe mais j’ai adopté une discipline stricte sur la gestion du cash afin de vivre en totale sécurité.
Michel Paris : Georges Plassat a une sensibilité extraordinaire de la distribution. Il possède à la fois une approche très globale, très consumériste du secteur, et peut aller dans le détail de ce qui marche dans un magasin. Il donne la quintessence de son talent dans ce genre de groupe. Et c’est aussi un coach exceptionnel.
Private Equity : Quel bilan tirez-vous de cette première année ?
Georges Plassat : On est dans notre plan, qui n’était pas particulièrement optimiste. On va bien. La restructuration se poursuit. Nous avons progressé dans notre gestion du cash. Côté marché, la diversité de nos enseignes permet d’amortir les cycles.
Michel Paris : On est mieux que le business plan. En termes de mise en œuvre, tout est allé vite. Les décisions prises portent leurs fruits. Sur les enseignes de périphérie, tout est en place, les équipes sont restructurées.
Private Equity : Quels sont vos atouts pour réussir sur ce deal ?
Georges Plassat : J’ai un track-record plutôt sain sur le métier de Vivarte et PAI a démontré sa capacité à comprendre le business modèle du groupe et l’économie du dossier.
Michel Paris : Nous avons une bonne connaissance du secteur des «consumer products», de la distribution professionnelle puisque nous avons eu en portefeuille Fransbonhomme, Poliet, mais aussi des affaires de textile-habillement comme Camaïeu ou Catimini.
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