Bonnes Tables

Piero 28.03.19

imprimer
   
Pour Négocier
 
En lieu et place de son ancien Gaya, Gagnaire s’invite du côté de l’Italie, s’invente un pseudo
(Piero donc) et signe une trattoria fantasmée. Voilà d’abord une Toscane de décorateur, des
boiseries peintes, un mur de photos inventant sous cadre de faux souvenirs en noir et blanc,
la lumière sépia, les mains sur le marbre et ces dames de la Rive gauche retournant le chic rustique des assiettes en gloussant : « C’est d’où, ces beautés ? » Et, au creux de ces « beautés », l’Italie procède du même chic. Le chef « dodécaphoniste », l’artiste sous tablier, la joue, ici, pudique. Les produits sont racés, les recettes sobres, la touche, sophistiquée sans virer cérébrale. Moins l’Italie de la mamma que celle des milanaises. La seiche en carpaccio (traitée en une vision de sushi ; lamelle à cru, vinaigre de Barolo, riz carnaroli croustillant), la friture du jour (petites crevettes, seiche, oignons) crisse comme papier bible, le bar à la coupe se trouve un savant miroir d’huile d’olive et les tortellini frissonnent d’un bouillon de volaille truffé en même temps que la germanocratie.

Un plat : tiens un dessert, la meringa tarta.
Un vin : rouge Grignolino d’Asti (2017) sinon 13 crus proposés au verre.
Une table : toutes celles du rez-de-chaussée (évitez l’étage).
Service : volubile.
La note, SVP ! Entre 60 et 90 euros.
Où et quand ? 44, rue du Bac, (VIIe).
Tél. : 01 43 20 00 40. Fermé dimanche et lundi.
Parking : Indigo Montalembert (9, rue Montalembert).
Emmanuel Rubin